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LA  DECLARATION DE L'ODEF A L'OCCASION DU 15EME ANNIVERSAIRE DE LA RES. 1325 DU CS DES NATIONS UNIES AU SIEGE DE L'UNION AFRICAINE.


Monsieur le Président de la Commission paix et sécurité  
Monsieur le Commissaire 
Mesdames, Messieurs les Représentants des Etats et des Institutions,
Mes chers collègues de la Société civile.
Nous saluons vivement la présente rencontre qui est l'expression du grand intérêt de l'Union Africaine pour la Rés.1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies et la manifestation de son engagement à  sa mise  en œuvre pour le règlement des conflits armés, le maintien et la consolidation de la paix, la recherche de solutions aux situations tragiques des femmes et des filles et d'une manière générale la défense des droits de ce groupe cible.
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire la préoccupation de l'U.A par rapport aux tragédies des femmes et des enfants se manifeste par plusieurs autres actions. En disant cela j'ai à l'esprit  le projet "Campagne d'éducation et  de sensibilisation des populations sur les violences spécifiques faites aux femmes et aux filles et les stratégies d'accompagnement des victimes dans les régions de Mopti, Tombouctou et Gao" que l'UA a financé pour l'ODEF au  Mali. Je saisis cette occasion qui m'est offerte pour partager avec vous  à présent que ce Projet rencontre en ce moment beaucoup de difficultés au niveau de son volet juridique. En effet à ce niveau le projet est confronté non seulement à la difficile identification des auteurs des crimes sexuels mais aussi à la réticence des victimes à révéler leurs expériences de peur d'être stigmatisées par leur environnement familial et social. C'est vous dire que la durée d'un an initialement prévue ne sera pas suffisante pour juguler cette difficulté et bien d'autres rencontrées sur le terrain.
Pour revenir à la RES. 1325 analysée à la lumière  de la note conceptuelle que nous avons reçue, nous disons qu'elle est largement diffusée et acceptée à plusieurs niveaux. En outre, bon nombre d'actions initiées au niveau des différents fronts en Afrique  sont aujourd'hui inspirées de cette Résolution.
On peut même considérer qu'elle est devenue un état d'esprit au niveau de certains grands juristes et militants de droits humains. Son impact est notamment perceptible dans le Statut de Rome de la CPI au niveau duquel les violences sexuelles  sont incriminées en même temps comme crime de guerre et crime contre l'humanité. Cette double incrimination renforce les possibilités de lutte contre l'impunité des auteurs de violences sexuelles. En effet lorsque ces offenses graves  interviennent dans des situations de conflits ou de troubles qui ne répondent pas aux critères de guerre conventionnellement fixés, elles peuvent être éventuellement poursuivies comme crimes contre l'humanité lorsqu'elles sont perpétrées dans les conditions définies pour ce crime.
Après cette analyse nous avons 2 recommandations:
- L'appropriation par l'UA de toutes les recommandations relatives aux responsabilités du Secrétaire général de l'ONU afin que l'UA puisse intégrer de façon efficace et durable la 1325 dans la résolution des conflits du Continent et pour la protection et la défense des droits des femmes et des filles.
-L'extension à la Société civile de la prérogative de propositions de compétences féminines dévolue aux seuls États par la Résolution 1325. Cela réduit le risque d'exclusion des femmes qui n'appartiennent pas au cercle rapproché des gouvernants du jour.
Après ces 2 propositions nous allons enfin conclure  notre déclaration par une question.
Après la lecture de la note conceptuelle, nous nous demandons au niveau de l'ODEF si toutes les stratégies de mise en œuvre de la Rés. 1325 seront centralisées au niveau de l'UA, ou décentralisées aux niveaux des organisations régionales.
Je vous remercie.


Juge Fatoumata Diarra Dembélé

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